L'eau à Nadaillac

I) LA FONTAINE DE LA BELLE ET SON LAVOIR (texte écrit par Martine CESSAC)

Dans l'histoire de Nadaillac, c’est au XVIIIème siècle qu’on précise Nadaillac-le-Sec ; aucun cours d’eau ne traverse la commune et on n’y compte qu’une seule fontaine : la fontaine de la Belle.

La Fontaine de la Belle, seule source sur le territoire de Nadaillac-le Sec qu'aucun cours d'eau ne traverse, apparaît jusqu'aux années 70 comme un lieu essentiel à la vie du village.

Son nom évoque les nymphes, déesses des bois et des eaux (Les Naïades qui veillaient sur les fontaines étaient représentées comme de belles jeunes filles), ou rappelle le personnage récurrent des contes, la Belle venant puiser de l'eau à la fontaine dans la forêt, loin de hameau. Plus prosaïquement, ne s'agirait-il pas plutôt de la "belle" c'est à dire "grande" fontaine (bel en occitan), ce qui confirmerait son importance ?

A l'origine très certainement lieu de culte, la fontaine de la Belle a dû être très tôt récupérée par l'Eglise. Aménagée au XIXème siècle, elle a été sactifiée sous le ministère de l'abbé Béraud (1858-1890) comme le précise l'inscription gravée sur la paroi du fond. Elle a été rénovée en 2010.

Le lavoir, où les femmes échangeaient nouvelles, recettes et ragots tout en faisant la lessive, date de 1927.

Il a été utilisé jusqu'à la construction en 1953 à la sortie du bourg d'un lavoir-abreuvoir et réservoir couvert, alimenté par la source de La Belle, et à l'arrivée de l'eau courante dans chaque foyer dans les années 70. Comblé de pierres et de gravats lors de l'aménagement de la route, le lavoir de la Fontaine de la Belle, dont on ne distinguait plus que quelques pieres affleurant à peine la surface du sol, a été dégagé en juin 2014 par les bénévoles de l'association Mémoire et Patrimoine du Salignacois.

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(Article paru dans Sud-Ouest le 26 juin 2014 par M.J.)

Le 21 juin 2014, l'association Mémoire et patrimoine du Salignacois (MPS) a mis en pratique, un de ses objectifs : entretenir le petit patrimoine. C'est à Nadaillac que les bénévoles et les villageois, soutenus moralement par de nombreux curieux, ont œuvré autour du lavoir de la fontaine de la Belle, construit en 1925. Ils l'ont dégagé de ses encombres et d'une flore envahissante. Ils ont retiré la terre et les pierres amoncelées sur place depuis les années 1950, période depuis laquelle il ne sert plus.

Après avoir déblayé plus de 50 m³ à la pelle, à la pioche, mais aussi à la pelle mécanique, il fallait bien à ces sauveteurs de patrimoine un petit réconfort gourmand. Cette œuvre s'est donc doublée d'un temps festif, avec un pique-nique préparé par MPS et un apéritif offert par la municipalité.

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II) LA VIGOLE

La remise en valeur de la mare communale «La Vigole» s'est terminée en 2014.

Ces travaux, financés par des fonds européens, régionaux et départementaux. Cette mare a été traitée ; aujourd’hui étanche, elle fait l’objet de la curiosité de beaucoup de visiteurs et restera un symbole de ce que notre génération a connu.

 

 

III) PETITE HISTOIRE DE LA MARE DE MAS DEL SARTRE -  (Texte écrit par Daniel Bourzat)
 
Dans nos paysages de causse, il est courant de trouver dans de petites dépressions des points d’eau de faible surface plus connus sous le nom de lavogne (lavanhas en occitan) ou mare.

Les dépressions où sont installées ces mares sont nommées dolines par les géographes. Il s’agit d’une dépression dont le fond est imperméabilisé par une couche d’argile de décalcification. Cette couche d’argile assure l’étanchéité de la mare (attention lors du curage avec des engins lourds !)  

Ces mares étaient des points d’abreuvement du bétail jusqu’au développement de l’eau courante dans les fermes à partir de puits et citernes construites dans un premier temps puis du réseau d’eau collectif plus récemment.

Lors de notre arrivée dans le village de Mas del Sartre (1980) deux troupeaux de brebis s’abreuvaient encore de temps à autre au retour de pâturage à la mare. Celle-ci a été abandonnée pendant au moins deux décennies. Les racines des arbres ont progressivement déstabilisé les murs de pierres sèches qui soutenaient le pourtour. Les branches, feuilles ont progressivement réduit la surface d’eau libre alors que la couche de boue devenait de plus en plus épaisse. Au dire des anciens de Mas del Sartre le dernier curage de la mare remonte à entre les deux guerres. Le curage fut fait à la main avec les tombereaux à roue en bois attelés à une paire de bœufs. L’apparition d’une couche épaisse de lentilles d’eau n’a fait que confirmer l’eutrophisation progressive de notre mare.  
 
Réhabilitation et entretien récents  

La construction d’une piscine et d’une maison attenante nécessita l’empierrage et l’élargissement du chemin conduisant à la parcelle construite, en accord avec M. le Maire et les voisins, il fut décidé de reconstruire et relever la chaussée de la mare après un curage respectueux de la couche d’argile. La remise en eau confirma la bonne étanchéité de la mare. 

Lors de ces travaux un trop plein fut installé sous la chaussée permettant une évacuation canalisée du surplus d’eau. Les deux clichés qui suivent montrent la chaussée bâtie et le début de la remise en eau. La décision fut aussi prise de planter des nénuphars et installer quelques carpillons, gardons et autres poissons rouges.

Depuis lors le village a décidé de nettoyer régulièrement (une fois par an) les abords et la mare. C’est l’occasion de se retrouver et de terminer cette journée de nettoyage par un moment de convivialité autour d’un barbecue.  

Aujourd’hui la mare représente un magnifique écosystème des causses avec une richesse floristique et faunistique remarquable. La tonte tardive des chemins conduisant à la mare permet le développement entre autre d’orchidées terrestres.