Conférence du 25 janvier 2003 à Nadaillac

I. Origine du nom

 

      En 1099, dans la paroisse déjà orthographiée sous sa forme actuelle, une chapelle existait probablement au hameau de Chambrases (près du village de la Reymondie), elle est signalée à cette date dans le cartulaire d’Uzerche. On trouve Nadailhac avec un « h » dans un pouillé du 13ème siècle (un pouillé étant le tableau des bénéfices d’une abbaye ou d’un diocèse), puis Nadailhacum au 15ème siècle. Au 18ème, on a dit Nadaillac-le-Sec.

      Le mot provient d’un nom de personne gallo-roman suivi de « acum », ce nom Natalius formé à partir du latin Natalis ce dernier signifiant « natal, de naissance ».

      On connaît un Nadalie en Dordogne (commune de Bouzie), un autre en Haute-Vienne (commune de Marval), Nadaillat dans le Puy de Dôme et enfin dans le Lot, Nadaillac et Nadaillac-le-Rouge.

 

      Quelques informations administratives : avant la Révolution, sous l’Ancien Régime, la paroisse dépendait de la généralité de Bordeaux, du Parlement de Bordeaux, du gouvernement de Guyenne, l’élection, la subdélégation, la sénéchaussée étaient à Sarlat, le diocèse était celui de Sarlat, l’archiprêtre de Saint-André, le vocable de Saint-Denis et le présentateur de l’Abbaye de Saint-Amand-de-Coly.

      Concernant la période contemporaine, en 1790, la commune est dans le district de Montignac et le canton de la Cassagne, puis en 1801 dans l’arrondissement de Sarlat et la canton de Salignac et depuis 1990 dans l’arrondissement de Sarlat-la-Canéda et le canton de Salignac-Eyvignes.

 

 

II. Démographie

 

Concernant la démographie, en 1365 sous l’administration du Prince Noir eut lieu pour des raisons fiscales l’établissement du fouage le grand recensement des feux de la sénéchaussée qui nous en indique 47 à Nadaillac (le fouage étant l’impôt perçu sur chaque feu ayant donné naissance à la taille et par feu ou foyer on comptait 4 à 5 personnes).

      En 1701, l’état des impositions des paroisses de l’élection de Sarlat nous apprend qu’il y avait 166 feux, que le seigneur ou principale noblesse était Monsieur le Duc de Noailles et au sujet des terres, qu’elles sont labourables, que leur état est assez bon, que le sol est sec et boisé de « chesne ».

 

      Puis en 1709, la paroisse compte 162 feux soit environ 700 habitants. C’est l’apogée en 1713 et 1720 avec 166 feux puis diminution en 1774. Après la Révolution, le recensement de 1790 indique 816 habitants avec des variations de 741 habitants en 1806 et 1826 à 930 habitants en 1876. Le nombre décroît ensuite régulièrement 734 en 1901, 647 en 1911, 512 en 1926, 437 en 1946 et 285 en 1990.

D’après le calendrier des Postes de 2002, il est maintenant de 341 habitants.

 

      Dans l’annuaire ou Almanach de la Dordogne établi par Monsieur DELFAUD, secrétaire de la Préfecture, j’ai relevé des observations concernant le tableau comparatif du mouvement de la population établi par trimestre. Il fournit des remarques intéressantes que j’ai retranscrites sans en changer les termes, même s’ils paraissent maintenant un peu désuets.

 

      « Pour chacune des années 8, 9 et 10, le 1er semestre est celui qui offres de plus grand nombre de naissances, de mariages et de décès. ». Je rappelle que pour le Calendrier Républicain, ces années sont 1800, 1801 et 1802 et le 1er semestre correspond à l’automne et l’hiver (de vendémiaire à nivôse).

Donc cette observation qui peut-être regardée comme un fait tous les ans, se trouve parfaitement d’accord avec celles que chacun de nous peut faire autour de ce qui l’environne. On doit remarquer dit Monsieur DELFAUD que c’est dans le 1er semestre de l’année, c’est à dire en hiver, que le peuple, après avoir terminé tous les travaux des champs, consomme le produit de ses récoltes et se livre au repos. Alors les habitants des campagnes ont entre eux des relations de société plus intimes. Les occupations de la veillée rassemblent la jeunesse de l’un et de l’autre sexe et là se forment des liaisons qui conduisent au mariage (à l’hymen).

C’est surtout lorsque les derniers jours de cette saison commencent à faire place à celle où les impressions sont si profondes et si irrésistibles que se contractent les liens dont la fin du 1er trimestre de l’année suivante verra éclore les fruits (octobre, novembre et décembre).

 

Mais si cette époque est féconde en naissances et mariages, elle est aussi celle qui offre le plus grand nombre de décès. L’automne et l’hiver sont des saisons mortelles aux vieillards, et la nature prévoyante a voulu que le temps où le mort exerce le plus de ravages fut aussi celui de la reproduction la plus active.

 

      Dans les Annales Agricoles de 1862, un article de Monsieur DESSALLES, archiviste du département nous fournit des détails historiques, archéologiques, statistiques, géologiques et agricoles sur l’arrondissement de Sarlat. Voici la partie historique.

 

      Au 14ème siècle et début du 15ème, l’arrondissement de Sarlat fut la partie du Périgord la plus maltraitée par les Anglais. Il n’est pas de localité, grande ou petite, il n’est pas de château, il n’est presque pas d’église qui ne conserve quelques souvenirs des dommages causés par eux.

Nulle part ils ne firent de bien, mais en revanche, ils causèrent du mal partout.

Aux maux de la guerre s’ajoutent des récoltes déficitaires dues aux circonstances climatiques d’où la disette et un terrible fléau : la Peste Noire en 1348.

 

      Ensuite les troubles religieux du 16ème siècle modifièrent beaucoup l’état du Sarladais comme celui du toute la province.

La révocation de l’édit de Nantes fit beaucoup de mal au Sarladais. Il existe aux archives de l’empire de nombreuses preuves des violences qu’on y exerça.

Les guerres de la Fronde y eurent aussi un grand retentissement. Le pays fut  tour à tour maltraité et souvent ravagé par les frondeur et les royaux.

De 1675 à 1680, il y eut beaucoup de troubles dans le Sarladais. En 1679, on interdit le port d’armes à toute sorte de personnes hors les gentilshommes. En 1680, les voleurs et les pillards de grands chemins s’y montrèrent si audacieux « à la faveur de la retraite qui leur était donnée par plusieurs gentilshommes  avec lesquels ils partageaient le butin » (archives de l’Empire en 1804) qu’il fallut avoir recours à des moyens énergiques pour s’en débarrasser.

 

      La gabelle vers 1703, occasionna de nouveaux désordres. Vint ensuite l’hiver de 1709 qui affama le pays et enfin des disettes subséquentes ; de telle sorte que jusqu’à la révolution, le pays ne cessa, pour ainsi dire, de se ressentir d’un malaise général.

A la Révolution, l’arrondissement de Sarlat eut encore à subir des agitations, mais il rentra bientôt dans le calme et s’occupa plus de ses besoins.

 

 

III. Cahier de doléances

 

      Ce cahier se trouve aux A. D. de la Corrèze mais le Docteur VILLATTE l’évoque et voici ce qu’il en dit :

 

      « Ce cahier de doléances est un modèle de modération. Nadaillac avait des hommes plus judicieux. Ils brossent tous d’abord un tableau peu flatteur mais assez exact de leur paroisse déshéritée et de leur précaire existence. Ils font une apologie du Tiers Etat et terminent leur cahier en formulant 8 vœux des plus raisonnables relatifs aux impôts, à leur répartition équitable, à leur recouvrement sans contraintes, aux abus de pouvoir en matière financières, juridique et notariale.

Par temps de sécheresse et notamment les 2 années dernières, les habitants étaient contraints d’aller chercher l’eau avec des barriques à une et deux lieues de distances. La paroisse est composée de mauvaises terres labourables, fort peu de bois dont la nature est en petit chênes, fort peur de vignes de mauvaises qualité et le vin de même ; il reste enfin de grandes possessions en champs froids, rochers et pais de genièvres, ce qui forme un sol si aride qu’il n’est absolument susceptible d’aucune espèce de productions. L’éloignement de toute rivière navigable et des villes les plus voisines empêchent absolument à la communauté de Nadaillac toute entreprise de commerce, ce qui réduit les habitants à ne pouvoir jamais sortir de leur état de misère et les bornes aux travaux très pénibles d’un terrain le plus ingrat et le plus casuel. ».

 

      Ce cahier a été rédigé par Monsieur LAMAZE, notaire royal, le 8 mars 1789 et signé par BOUSQUET, SCLAFER, DELBOS, JARRIGE, DUVERGER, LARNAUDIE, GAUCHER, SOULARUE et DELPY.

 

      Nous allons maintenant nous intéresser à la commune telle qu’elle était à la fin du 19ème siècle.

Aux A. D. se trouvent les notes de l’Abbé BRUGIERES qui dans les années 1884-1890 a recueilli des renseignements topographiques, descriptifs ou administratifs sur les paroisses du département de la Dordogne.

 

 

NADAILLAC – ABBE BRUGIERES

 

      Nadaillac : 920 habitants dont  115 au bourg, 450 pâques dont 170 hommes, 500 communions ann. 2 784 hectares ; 227 m – 351 m d’altitude.

Revenu de la commune en 1884 : 38,61 x 43

Revenu de la fabrique en 1881 : 373

Sol : ……… inférieure.

 

      Cette commune est quelquefois désignée sous le nom de Nadaillac-le-Sec parce qu’elle n’est arrosée par aucun cous d’eau et que les fontaines y sont rares. Elle possède un étang appelé le Lac Sargou ou Sarelou qui en 1846, avait une étendue de 90 ares. Il était autrefois très renommé par les sangsues qu’on en sortait. On a fait de grands travaux pour le combler mais ils n’ont abouti qu’à diminuer un peu son étendue. Il s’est formé dans le milieu qui lui donne la forme annulaire.

 

      Cette commune est située dans une plaine traversée par des coteaux, le sol est en général de mauvaise qualité et principalement argilo-calcaire, il y a au lieu-dit du Pech et du Bois du Mons de riches mines de fer. Parmi les productions du pays nous mentionnons la truffe qui u est de qualité supérieure. Parmi les curiosités naturelles ou de main d’homme nous citerons : la grotte de la grande Grèze qui se trouve au Sud de la commune. L’entrée de cette grotte ressemble à l’orifice d’un puits ayant 3 mètres de diamètre. Elle s’étend fort loin obliquement entre des roches. A l’extrémité est un précipice qui soit être bien profond à en juger par l’écho prolongé des pierres qu’on prend plaisir à y jeter.

 

      Près de la forêt appelée l’Abîme de Leyge est un abîme sans eau dans lequel on jette les animaux morts dont on veut se débarrasser. On dit qu’il en sort des flammes ce qui peut avoir pour cause la décomposition des os et que sous cet abîme passe le ruisseau du Coly.

A quelques centaines de mètres d’un lieu dit nommé le Lac Clar, on voit les débris d’un dolmen.

A 5 km environ au midi est un lieu dit nommé les 4 Oueyries (peut être les 4 Pierres ?)

Il y avait autrefois au lieur dit le Roc de Dôme un dolmen de 6 à 7 mètres cubes. On le brisa en 1863, pour faire le passage du chemin de Nadaillac à la Forêt. Sous le dolmen on trouva une voûte renfermant une tombe.

 

      Il y avait dans la paroisse, au midi, entre les villages de la Reymondie et de la Forêt une ancienne église, dont on voit encore les ruines, c’était l’église de Chambrazeis : tout auprès des ruines est une terre, appelée le cimetière, dans laquelle on découvre de nombreux ossements humains. D’après la tradition orale, cette église aurait et détruite par les Anglais dont le nom est rappelé en ce lieu par un puits que l’on appelle encore le puits des anglais : « Capella de Chambrazes » 1099 (cartulaire d’Uzeche). Dans les manuscrits de l’abbé Nadaud, au Grand Séminaire de Limoges, je trouve des documents précis au sujet de cette église. J’y lis : « Mémoires pour l’histoire de l’abbaye d’Uzeche », autrefois de l’ordre de Saint-Benoît maintenant séculière de Limoges.

« Diocèse de Sarlat. Prévôté de Sainte Madeleine de Chambrazeis paroisse de Nadaillac ». L’abbé y nomme en 1718, 19, 21, 22, 1764 et 1772.

Au Nord du village de Salles, près de la imite de cette commune on voit quelques ruines d’une ancienne chapelle. En ce lieu qu’on appelle encore « Les églises » les paroisses de Nadaillac et de Gignac se rendaient en pèlerinage le lundi de Pâques. De nombreux ossements que l’on trouve aux alentours y révèlent l’existence d’un cimetière (voir si cette chapelle n’était pas dédiée à Saint Claire qu’on fête dans la paroisse et dont on possède des reliques ?). Il y a aujourd’hui hostilité entre la population de Gignac et celle de Nadaillac.

Il y a au bourg plusieurs maisons très anciennes : l’une d’elles, remontant dit on qu temps des Anglais avec sculptés au dessus de sa porte deux lions ou léopards bien conservés, plusieurs ont leurs fenêtres en croix. Il y a aussi dans le bourg, les restes d’un ancien monument qui ont du faire partie d’une chapelle ou d’un hospice, on y voit au dedans des modillons avec des figures sculptées et dans les terres qui l’environnent beaucoup d’ossements.

 

      Notons aussi dans le bourg un petit château muni d’une tour octogone et fondé vers le XVIIème siècle. Il appartenait autrefois à Monsieur LABGORCE, actuellement à Monsieur QUERCY.

Au village de Rouvès est un petit château possédant une tour ronde et appartenant avant la Révolution à Monsieur BOUSQUET, ensuite à Monsieur de MONTRICHARD, héritier de Monsieur Le Comte du COUZAGE et aujourd’hui à Monsieur Louis DELBOS.

Près du lieu de Segonfond sont les ruines d’une ancienne tour dite Tour des Chaulas qui avait une assez grande élévation dans les premières années de ce siècle.

Au village de Mialodre, anciennes fondations et pavés. Il y eut une affreuse épidémie en 1846. La grêle ravagea la contrée en 1815, 1849, 1857, 1864.

 

      En 1842, on trouva à 100 mètres environ du bourg, au lieu-dit au Coudert, un cercueil en pierre offrant dit-on de l’intérêt.

Le presbytère proche se compose de 4 pièces avec dépendance. Un jardin de 50 centiares et un petit chonel de blé.

Il fut vendu nationalement le 12 Messidor an IV (bâtiment, jardin, etc…) à François BOUSQUET fondé de pouvoir de C. FRESSENGEAS de FAUSSEMAGNE.

Monsieur BOUSQUET l’acheté dans l’intention de le donner à la paroisse ou à la commune après la tourmente, ce qui a été fait.

Il signale 3 écoles, une de garçons et deux de filles dont une tenue par les sœurs du Puy, l’abbé s’interroge à ce sujet : elles ne sont plus je crois, à Nadaillac depuis ?

Il y a les confrères du Saint Sacrement et du Rosaire.

 

      Il existe une rente de dix francs pour les malheureux distribuée par le trésorier de la fabrique.

L’abbé BRUGIERES note aussi 3 cabarets et 3 idiots.

Il a dressé la liste des curés vicaires et prieurs de Nadaillac de 1644 à 1890. Je vous en fais grâce. Dans la rubrique observations, il indique concernant l’abbé VERNINAC qu’il lit VERINOT : on croit que cet ecclésiastique ne prêta pas les serments constitutionnels. Il émigra en Espagne. Il revint dans sa chère paroisse après la tourmente mais les souffrances qu’il avait éprouvées avaient ruinées sa santé, il était sujet aux attaques d’épilepsie des suites desquelles il succomba au bout de peu de temps à Souillac où il s’était retiré, dans sa famille.

 

      Durant ces temps malheureux, la paroisse de Nadailhac n’eut pas, comme bien d’autres, la honte d’être desservie par un prêtre intrus ou assermenté, un bon religieux que le peuple appelait « le Père Desage » s’y était retiré chez des parents et lisait la messe en cachette dans une maison du bourg, celle du maire et du médecin de l’endroit. Là se faisaient en ces temps difficiles de fréquentes et nombreuses réunions.

Monsieur DESAGE était originaire de la paroisse d’Estivals (Corrèze).

On raconte que le curé de Nadaillac étant émigré en Espagne, le sacristain qui avait un fort belle voix et en était glorieux réunit pendant longtemps les habitants à l’église et leur chanta les vêpres, la presque totalité de la paroisse s’y rendait, dit-on sans que personne y mit empêchement. Monsieur Bonis de Bonald abjura par peur.

 

IV. Epoque Révolutionnaire.

 

      Registre du Comité de surveillance du canton de Lacassaigne…… passant ensuite à l’épurement de la conduite des citoyens Poyne de la commune de Nadaillac, Delpy fils demeurant au lieu de Boubel et de la citoyenne Montazet, femme Monegié du Rachet, un membre dit sur la conduite du citoyen Poine qu’il était fortement accusé d’être père d’émigré, qu’en second lieu on l’avait vu en 1790 et 1791 servir d’agent du ci-devant prieur de Nadaillac regardé à juste titre comme ennemi de la République. Un autre membre a dit que la citoyenne Montazet femme Monegié avait dit il y a quelque temps qu’il fallait couler la fête du ci-devant Saint Sacerdos au lieu et place de Saint Front et que jamais elle ne ferait solenniser la fête de ce dernier et sur le compte de ce Delpy un membre a dit que celui-là avait publié qu’il se f… des décret etc. etc..

 

      Séance du 20 germinal (an 2, comité de la Cassaigne).

« Le comité réuni dans le lieu de ses séances a passé à l’ordre du jour et s’est occupé à entendre le citoyen VILATE de PICHAUDE mandé par le comité afin de déposer sur les propos inciviques tenus par VEYSSET oncle et déposé avoir entendu dire à plusieurs particuliers que le susnommé avait dit qu’avant qu’il fut longtemps on verrait les paysans pendus après les châtaigniers, déposé de plus le citoyen VILATE avoir entendu dire que VEYSSET oncle avait tenu ces propos en présence de son métayer et métayère et que cette dernière avait dit à VEYSSET oncle que cependant elle ne voyait aucun paysan pendu après les arbres comme il avait voulu le dire, et qu’alors le dit VEYSSET avait répondu laissés faire, ça ne peut pas aller loin. C’est tout ce que déclare savoir le dit VILATE et a signé… VILLATE ; BOUSQUET fils.

 

      Bienfaiteurs :

Monsieur Michel BOUSQUET a donné la maison d’école et un capital suffisant pour payer à perpétuité la pension de deux garçons en premier lieu des descendants de sa famille : en second lieu de la commun, en troisième lieu des communes voisine, et cela au Petit Séminaire de Bergerac. Il a donné à l’église le calice, l’ostensoir et une somme d’argent pour la cloche, des ornements et cetres précieux, christ en ivoire provenant de Marie-Antoinette dont nous avons parlé. Il a donné au presbytère une bibliothèque assortie de bons ouvrages ecclésiastiques etc…. Heureuse les paroisses qui possèdent ainsi des gommes dont éclatent les vertus, la science et les libéralités. Il sonné aussi le presbytère.

Monsieur L. LEYMARIE décédé en 1863 a donné à l’église une belle statue de Saint Clair, évêque et fêté dans sa paroisse.

 

      Justement à propose de l’église, Jean SECRET a publié un intéressant article dans la revue de la SHAP en 1973.

L’église de Nadaillac dit-il est celle d’un ancien prieur curé à la collation de Saint Amand de Coly (Maubourguet III – le Périgord Miéridional) la paroisse fut rachetée par Alain ALBRET à Antoine de Salagnac en 1360.

L’église est orientée. Sa nef, barlongue (2 fois plus longue que large [12 m x 6 m] est sous un lambris moderne restauration effectuée en 1879 puis 1903 par l’architecte DUBER.

Elle est accostée au Nord d’une chapelle du Xvème, voûtée d’ogives et au Sud d’une chapelle semblable (aussi voûtée d’ogives et qui elle est accostée à l’Ouest d’une chapelle moderne formant porche devant un portail du XIV à 3 voussures brisées.

Le chœur (milieu du XII) est sous une coupole de 5 m 30 de diamètre.

L’abside pentagonale (milieu du XII) est voûtée d’un cul de four. Cinq arcs d’applique plein cintre le pourtour.

Les élévations extérieures sont intéressantes. La façade occidentale, de par l’épaisseur insolite des murs (2 m 45) révèle  la disparition d’un clocher mur ou plutôt d’un système défensif comme ceux d’Auriac, de Condat ou de Tayac ; d’ailleurs, cette façade porte la trace d’un portail roman disparu et rétabli au XVII ème siècle. Les élévations du chœur ont des baies plein cintre.

Le clocher carré s’élève au dessus du chœur. L’abside polygonale a été surmontée, probablement au XVII, d’un bahut considérable, soudé au clocher, montant au même niveau que lui et enfermant une chambre de défense. La partie haute du clocher avec une baie sur chaque face (sauf à l’est où le mur du clocher sert de cloison avec la chambre de défense) a été remontée au XVII siècle.

Et alors à propos du clocher, Monsieur JARDON a relevé l’acte suivant : « Aujourd’hui, vingt sixième septembre 1652 a esté fondue la grande cloche de Nadailhac par Maître Jean BOUYER fondeur de cloche et fut bénite le 27ème du mois. En fut parrain François BOUSQUET fils de Françoise du village de Rouvès de la susdite paroisse et marraine Louyze DESCLAFER fille à Jean Juge de la Cassaigne et de Jeanne de Chaumetz du susdit lieu présents les soulsignés par moy vicaire. »

Puis en revenant aux notes de l’abbé BRUGIERES, celui ci indique que les cloches sont au nombre de 3, que la plus grosse fondue en 1828 porte cette inscription : « J’ai été bénite par Monsieur DELON(Y) » curé de Nadaillac. Parrain Monsieur LAGORCE la Campagne, marraine Madame DELBOS née Adeline, Camille LATOUR. Maire Monsieur POMAREL Jean Baptiste, médecin Monsieur Michel BOUSQUET, docteur médecin bienfaiteur, Monsieur MENNUIT fondeur.

 

      Maintenant concernant le mobilier Jean SECRET dit qu’il est intéressant de noter que l’église en a conserve une grande partie du moins de celui qu’elle a pu posséder au XVII et XVIII siècles.

Il s’agit d’un autel à rétable polychrome et doré, organisé autour d’un tabernacle sculpté d’un Christ portant une croix. Angelots agenouillés, têtes d’anges, dais couronné d’une croix complètent la décoration d’un style Louis XV un peu rustique mais non sans charme.

Un ensemble de statues du XVII, en bois polychrome et doré, complètent ce mobilier. Tout d’abord un Saint Pierre de 1 m 20 de hauteur, de facture classique portant un livre de la senestre et les clefs de la dextre et symétriquement un Saint Denys, patron de la paroisse portant de la main gauche la crosse et de la droite, la palme du martyre.

Un Saint Clair (75 cm de hauteur) est plus académique du 18ème siècle, crossé mitré barbu et bénissant, rutilant dans son or et sa polychromie pour accueillir la dévotion des fidèles.

Reste à signaler une Vierge à l’enfant (XVIII) en bois doré et polychrome (de 1,30 m de hauteur) d’agréable facture et dont les plis de la robe sont d’une grande élégance.

A cet ensemble s’ajoutait autrefois un très beau Christ en ivoire, sonné par Madame Elisabeth à son médecin, Michel BOUSQUET, lequel était de Nadaillac. Revenu dans son pays d’origine, il offrit ce Christ à l’église de sa paroisse, mais beaucoup plus tard, en 1849, ce précieux objet fut vendu par le curé, pour la somme de 100 francs dit-on, à un confrère qui lui-même en fit son à l’église de Montignac, où il est encore.

A une époque où les vols d’objets mobiliers se multiplient, où certains fidèles et même certains desservants méconnaissent la valeur du mobilier traditionnel de nos églises, il n’était sans doute pas sans intérêt de souligner la variété et la qualité de ces objets du culte que nos ancêtres sont mis tant de soin, tant d’amour (et souvent tant d’argent) à constituer !

 

                                                                               J. SECRET

 

 

      En 1834, le préfet ROMIEU confia à Cyprien BRARD (un ingénieur civil et minéralogiste) une vaste enquête sur la topographie, l’état civil et moral, l’histoire, l’administration, l’instruction publique, l’agriculture, l’industrie et le commerce en Périgord.

Tous les maires n’y ont pas répondu mais à Nadaillac le questionnaire a été rempli.

 

 

 

 

 

 

6 M 547                                                                 Cyprien BRARD

NADAILLAC                                                        1835

 

      Au chapitre antiquités et curiosités le maire signale tout près du village de la Reymondie, une masure qu’on dit devoir faire partie de l’église d’un monastère détruit longtemps avant la révolution de 89. Non loin de celui de Segonfond se trouvent les ruines d’une tour dite des chaulas les plus âgés se rappellent l’avoir vue avoir une certaine élévation, elle fut démolie en partie il y a 40 ou 45 ans.

Il ne connaît pas de grosses pierres plantées en terre ordinairement désignées sous le nom de pierres levades ou pierres branlantes mais il signale cependant les ruines de plusieurs dolmens.

On a découvert au village de Mialodre d’anciennes fondations et des pavés. Dans les bois du village de Rouvès, à Pouille et au Lac Clair on a trouvé des tombeaux. On en a également trouvé dans le bourg de Nadaillac, construits en brique des vases en terre cuite à la tour des Maules, 2 grottes sont connues dans la commune, on a pu pénétrer seulement dans celle de Maledrate.

Selon la mémoire des habitants, il se dit que les anglais ont occupé le pays et que plusieurs constructions sont leur ouvrage.

 

 

6 M 545

                                                                               TOPOGRAPHIE

 

      La commune est située dans une plaine traversée par des collines. Aucun ruisseau ne la traverse. Il note un lac : le lac Sargou. Le sol est argilo-calcaire de médiocre qualité. Des carrières, on extrait des pierres de taille et du moellon qui servent à la consommation locale, c’est du carbonate de chaux. Des mines, on extrait du minerai de fer qui est transporté à la forge des ans commune d’Archignac. Les mines sont peu exploitées depuis 10 ans.

L’air est sain en général mais il est vicié par les ordures et les fumiers qu’on est dans la mauvaise habitude de déposer autour des habitations. Concernant les chemins, ceux de Sarlat à Brive et de Martel à Terrasson sont en mauvais état, on ne les a pas améliorés. La majeure partie des autres n’exige que des soins d’entretien à la charge des riverains.

 

 

 

 

 

V. Agriculture

 

      Les prairies naturelles de médiocre qualité n’occupent que 2 à 3 hectares. On cultive le trèfle incarnat depuis 10 ans

On ne pratique pas l’assolement triennal : une année froment, une année blé d’Espagne, on ne fait aucun effort pour sortir de là. Pour nourrir les bestiaux, on fait cuire les raves à la vapeur mais dans de grands vases, il paraît que l’usage est fort ancien. On emploie du fumier de bœuf, de mulets, de cheval, de cochon, le crottin de pigeon et de volailles. La commune aurait besoin de s’en procurer au dehors, elle ne le fait pas et n’en trouverait pas l’écobuage des terres est rarement pratiqué.

On élève des agneaux et des cochons. On engraisse des bœufs et des cochons (en petites quantité) que l’on dirige sur le marché de Salignac. On tire les jeunes bœufs du Limousin.

La race des cochons du pays a été croisée avec celle des cochons …tonquins avec succès paraît-il.

On compte dans la commune 12 chevaux, 15 ânes, 45 mulets, 60 chèvres, 250 cochons, 1500 moutons, 200 bœufs et aucune vache.

Il n’existe pas de comice agricole mais les habitants en formeraient un s’ils étaient secondés.

 

 

6 M 546

                                                                       SUITE DE L’AGRICULTURE

 

      Concernant les cultures, voici les graine cultivés et la superficie consacrée à chacune : 25 hectares pour l’orge et l’épeautre, 50 pour l’avoine, 100 pour les pommes de terre, le seigle et le sarrasin, 300 hectares pour le froment et le maïs.

En général, la commune n’exporte que du froment pour acheter d’autres menus grains pour la consommation.

On laboure à la charrue mais on évite de labourer la terre quand elle n’a reçu qu’une petite pluie car on croit que la fermentation que la terre éprouve par ce mélange favorise la germination des graines des mauvaises herbes.

L’usage des jachères est à peu près abandonné.

Les légumes cultivés sont les raves, oignons, pommes de terre, carottes, salsifis, haricots, petits pois, lentilles, vesses. Le maire dit qu’il paraît que la culture de ces légumes remonte à plus de 30 ans.

Les habitants pensent que les raves semées en pleine lune restent petites et sans grosseur, quant aux légumineuses on préfère les semer vers le déclin de la lune parce qu’ils ont plus de grosseur et croissent mieux.

Le chanvre est cultivé pour la consommation des ménages. Pour ce faire la terre est bien ameublie et fumée d’abondance avec du crottin de brebis.

Les terres sont exploitées en majeures partie par les propriétaires. Quelques uns ont des métayers, des bordiers et des colons. Les métayers partagent toutes les récoltes avec le maître. On laisse au bordier et au colon le tiers du maïs et la quatrième partie des grains d’hyver.

La vigne est cultivée sur environ 70 à 80 hectares, comme raisin. On cultive l’auxerois pour la qualité et principalement pour la quantité le picard (ou picat) et l’enragea. Il n’existe pas de crus renommés et la consommation est locale.

Les vignerons prétendent qu’à l’âge de 4 ou 5 ans la vigne doit être taillée une année en nouvelle lune et l’autre en vieille lune.

On laisse cuver 3 ou 4 semaines. On ne fait pas de vinaigre, le marc sert pour l’engrais.

Les paysans sont presque tous propriétaires, leur nombre a augmenté.

 

 

6 M 547

                                                                               AGRICULTURE

 

      Il existe des bois, taillis, chêne en coupe réglée. La brasse de forge mesure 2 m en hauteur et largeur et 1 m de profondeur. La brasse du commerce à la même profondeur mais seulement 1,60 m de hauteur et largeur.

On exporte du Bois à brûler à Brives, Larche et les fours à chaux des environs, l’écorce à Souillac et le charbon à Brives, Larche et la Forge des Ans.

Quelques bruyères et beaucoup de mauvais pacages pour les brebis nommés grèzes ? forment ensemble une étendue approximative de 600 hectares.

Les bois de châtaigniers ayant péri en majeure partie pendant l’hyver de 1830, les châtaignes sont achetées sur le marché de Salagnac. Concernant le semis d’arbres verts, le maire dit qu’il n’en a pas encore été fait et qu’il ne parait pas qu’on soit dans l’intention d’en faire. Il faudrait l’exemple et les encouragements les habitants craignent et remarque ….-t-il cette opinion n’est pas absolument dépourvue de fondements, que les arbres deviennent vermoulus en les abattant avant le plein de la lune.

 

 

 

 

VI. Industrie

 

      Au chapitre industrie il n’y a ni fabrique, ni manufacture. On fait de la toile, du daguet et de l’étoffe dans ¾ des ménages . Il existe 4 métiers battants.

On fabrique des sabots en bois de noyer que l’on vend hors de la commune.

Une cinquantaine de ruchers se trouvent dans la commune, la cire se vend à Terrasson, Brive ou Souillac et le miel aux habitants du pays.

Il se produit de 8 à 10 quintaux (1 quintal fait 50 kg) de truffes annuellement (poids de marc ? année commune). Les truffières changent de place et on fait une différence marquée entre la truffe qui vient à l’ombre du chêne noir et celle que l’on trouve sous les charmes et les noisetiers. Les paysans disent que les pluies de Juillet et Août favorisent la croissance des truffes.

Il existe un seul moulin à huile qui fabrique pour la consommation locale seulement. Justement le 25 tentoze de l’an 12 soit 18, il est signalé un pressoir à huile à bras au hameau de Souzet qui ne travaille que 3 mois de l’année.

 

Droguet : autrefois laine commune. Etoffe de bas prix, espèce de serge dont la chaîne était de chanvre ou de lin, et la trame de laine de pays.

 

Quintal : à l’origine, poids de 100 livres soit 48,95 kg à Paris.

Depuis l’adoption du système métrique, quintal métrique de 100 kg.

 

 

6 M 547

                                                           HYGIENE OU SANTE PUBLIQUE

 

      Les habitants sont en général d’une bonne constitution mais il existe quelques familles scrophuleuses.

Dans le dictionnaire historique de l’ancien langage français de son origine jusqu’au siècle de Louis XIV le mot scrophulaire désigne une herbe de terre humide et marécageuse qui guérit les scrophules encore nommé écrouelles. Et dans le Larousse du XX siècle le mot scrofule vient du latin scrofa c’est à dire truie en raison des tumeurs ganglionnaires analogues que le porc présente. Elle a été connue de tout temps et on la désignait autrefois sous le nom d’humeur froide ou d’écrouelles. Elle est plus présente chez les femmes et les enfants de 2 à 12 ans. Chez les adultes, elle n’est qu’une forme localisée de tuberculose. En général le scrofuleux à la peau fine et blanches, des chairs molles les amygdales hypertrophiées, il est extrêmement sujet à des inflammations de la peau et des muqueuses et on constate fréquemment des ganglions. Le traitement de chorti est l’huile de foie de morue et la médication iodée. On préconise aussi des cures à Bareges Salies de Béarn ou Salins du Jura.

L’habitant est le plus sensible aux maladies pulmonaires et abdominales.

Il mange habituellement du pain de la viande et des racines. Dans le pain on met du maïs et des pommes de terre. Le vêtement journalier du paysan se compose (on s’en serait douté) d’un pantalon, d’un gilet et d’une veste. L’étoffe se fabrique en général dans les ménages.

Dans la commune se trouve un médecin mais la sage-femme la plus à proximité est à Brive. Par contre deux matrones assistent les femmes en couches.

L’âge le plus avancé auquel les habitants parviennent est de 85 à 90 ans.

Concernant la vaccination il n’y a pas de répugnance en général mais une grande indifférence.

On compte 2 ou 3 mendiants.

Il y a 4 ou 5 goitreux à cause dit-on de la qualité des eaux et des accouchements laborieux.

Par contre, on peut relever une légère contradiction dans les déclarations du maire qui déclare qu’en général les paysans ne boivent pas de vin ne de piquette mais qui répond oui à la question font-ils chabrol et signales de dix à douze ivrognes reconnus comme tels dans la commune.

Pour connaître la vie de la commune au milieu du 19ème siècle, j’ai consulté le recensement de 1846.

Il nous apprend très précisément que la population totale était de 908 habitants répartis de la façon suivante : 287 garçons, 219 filles, 174 hommes mariés, 166 femmes mariées, 27 veufs et 35 veuves.

Au bourg de Nadaillac vivaient 471 individus comme indiqué sur le recensement.

Dans les villages, on en dénombrait 22 vivant à Pégouyras, 16 à Mialodre, 4 à Pichagne, 78 à Mas del Sartre, 45 à Rouvès, 27 à Ségonfon, 71 à Souzet, 8 à Pebuffet, 36 à la Reymondie et 79 à La Forêt.

J’ai aussi relevé les métiers qui étaient exercés dans le bourg, on trouvait : 34 cultivateurs, 1 métayers, 7 journaliers, 18 propriétaires, 5 servantes, 1 instituteur Monsieur Jean-Baptiste CHENIER, 1 médecin Monsieur Jean-Baptiste PONAREL, 1 prêtre Louis BASTIDE, 1 marguillier, 1 charbonnier, 1 cordonnier, 1 charron, 1 tailleur, 1 buraliste, 1 boulanger, 1 sabotier, 2 menuisiers, 2 cardeurs, 3 forgerons, 4 voituriers, 4 aubergistes, 5 maçons et 7 tisserands.

Je ne reprends pas le tableau des cultures de la commune leur étendue et leur produit que j’ai relevé également mais qui correspond aux réponses données au questionnaire de Cyprien BRARD.

Plus tard en 1873, une personne de Nadaillac, Monsieur DELBOS Auguste demande à Monsieur le Préfet l’autorisation de former un comice agricole à Salignac. 2 ans après, Monsieur CHAPELLE obtient le 1er prix du canton pour la culture du tabac.

Monsieur DELBOS à La Forêt à le 2ème prix pour ses béliers reproducteurs race du Quercy. Il est également primé pour ses agneaux et ses bœufs.

Le canton subit de gros dommages suite à la grêle surtout en 1859 (360 propriétaires touchés) en 1868 et 1878.

Une épizootie de charbon cause la perte de bœufs et de chevaux.

Le phylloxera fait des progrès rapides et incessants.

La consultation des délibérations du Conseil Municipale nous montre que la vie communale était parfois agitée. Par exemple en 1834, dans la série usurpations et échanges, lors d’une séance extraordinaire du Conseil le Maire expose que des usurpations depuis un temps qui ne peut être précisé ont été commises sur certaines propriétés communales par 12 propriétaires dont il cite les noms.

Le conseil est d’avis que la commune soit autorisée à intenter et former contre les dits susnommés toutes actions judiciaires qui seront utiles dans l’objet de les faire condamner.

Un autre exemple, en 1866, le sieur GAUCHET marchand à Nadaillac échange dans le bourg un terrain avec la commune pour faire construire une maison contiguë à la sienne. Mais le commissaire enquêteur reçoit une lettre de Monsieur QUERCY qui proteste de toutes ses forces et de tout son pouvoir contre cette construction qui lui porterait un préjudice considérable.

Il fera toutes les démarches nécessaires et ne négligera rien pour s’opposer à cette construction. Suite à l’enquête commodo et incommodo qui en résulte, 44 habitants se sont déplacés, 41 étant consentants et 3 opposants.

Puis dans les délibérations concernant les bâtiments communaux.

Parmi toutes les réparations concernant celles de l’église et du presbytère, j’ai relevé en 1898 le cahier des charges : la charpente devra être en nerva rouge du Nord, le plancher en sapin rouge, la balustrade et la main courante en pich pin et les marches d’escalier en ormeau. La couverture sera en ardoises de la Corrèze.

Pour l’école, dans la description des travaux il est stipulés que les bois à remplacer seront en chêne du pays durs, non gélifs, droits de fil, sans roulures ni gerçures et devront avoir au moins 2 ans de coupe. Les lattes seront en bois de peupliers grisard. La toiture sera entièrement refaite en tuiles creuses du pays.

En 1901, la commune se propose de construire une école de garçons, la pierre de taille tendre proviendra des carrières de Borrezeou Jayac et la pierre de taille dure de celle des Chartriers.

Le projet comprend une salle de classe de 71 m², un logement de 4 pièces, un préau gymnase avec vestiaire et cour de récréation. D’après le dossier, l’emplacement est bien choisi, il se trouve sur un terrain libre, à sous-sol rocheux et sec, plan à 100 mètres du cimetière. Il est dans un endroit salubre, sans voisinage malsain, bruyant ou dangereux. Comme il n’y a pas d’autre eau dans le pays que celle que les habitants recueillent dans des citernes, une a été prévue de dimensions suffisantes. Cependant le conseil d’hygiène fait les observations suivantes : sur le style de la façade qui laisse fort à désirer, sur le plan lui-même, sur la charpente, sur l’absence de cabinet d’aisance pour les élèves et l’instituteur, sur la superficie du terrain acheté. Néanmoins l’emprunt est voté en 1904.

 

      Et pour terminer je vais citer quelques anecdotes ou faits divers d’un passé plus éloigné : tout d’abord, un laboureur de Nadaillac Léonard VEYSSET a été condamné aux galères, avec ses complices pour s’être évadé des prisons de Sarlat ceci en 1780.

En 1785, le sieur DEBARS de la FAURIE fut assassiné sur le grand chemin de Nadaillac à Saint-Genier et grièvement blessé d’un coup d’arme à feu.

Puis 3 plaintes : de Marguerite CAMINADE, contre Guillaume PEYREBRUNE, qu’elle accuse de l’avoir séduite en lui promettant le mariage. Une du sieur Guillaume VILATE, praticien, contre Marie MASSAUD et contre sa fille qui aurait tenu des propos calomnieux sur son compte, l’accusant de débaucher leur fils et frère. Et enfin une du sieur Nicolas CAVEY, praticien, contre Jeanne DETAILLE qui l’aurait traité de polisson et lui aurait donné un soufflet, de toute sa force, sur la place publique. Tout ceci en 1786.

 

 

      Nadaillac ainsi qu’Archignac et Condat se trouvaient dans la comterie de Terrasson qui passa à la maison de Turenne vers 1074, puis dans le fief des Pons-Turenne à la suite du partage de 1251.

En 1257, les Rudel Pons seigneurs de Bergerac étaient en possession comme seigneurs partiels de Turenne des paroisses de Jayac et Nadaillac.

Nadaillac en 1365 dépendait de le châtellenie de Larche.

Jusqu’au 14ème siècle, après 1317, le diocèse de Sarlat comprenait les paroisses de Nadaillac.

Dans le diocèse de Sarlat à l’archiprêtré de Saint-André appartenait Saint-Denis de Nadaillac (mentionné dès le 13ème siècle) avec un curé pour desservant et l’abbé de Saint-Amand-de-Coly est nommé curé de Nadaillac.

La paroisse est donné en 1381 et 1384 à des cardinaux Raymond, curé de cette même paroisse, est élu par les moines et conformé le 20/11/1381.

Au 16ème et 17ème la paroisse de Nadaillac faisait partie de la chastelainie et baronnie de Salignac.

Les archives du duc de Bouillon (Noaille T 193) nous font connaître à la date de 1672, « Les hommages rendus à SA le duc de Bouillon par ses vassaux de Nadaillac ez mains de Monsieur DALLY à ces fins commis par sa dite Altesse » et à la date du 23 août 1663 « Ez mains de Monsieur Anthoine DELPY, bourgeois du village des Salles, paroisse de Nadaillac, extraits prinz d’un registre d’hommages de 1600, de Monsieur SCLAFER, notaire et greffier du domaine de la viscomté ».

 

 

Annales agricoles                                             1862

 

      De l’état actuel des l’agriculture dans l’arrondissement de Sarlat par Monsieur Michelot notaire à Sarlat.

Avant 1830, alors qu’il n’existait dans cet arrondissement aucune route viable, nulle amélioration agricole ne s’y était produite.

On n’y cultivait, pour l’enfouir, aucune plante fertilisante, les seuls fourrages artificiels commis étaient les raves, le maïs, le trèfle incarnat et la jarosse. Il n’y avait d’autre instrument aratoire que l’araire en bois. Les terres après avoir été épuisées par les céréales, restaient une année en jachère.

Depuis que plusieurs routes sillonnent en tous sens cet arrondissement, l’agriculture s’y est sensiblement améliorée mais le progrès y a été très lent. Ainsi on voit fonctionner de loin en loin quelques charrues perfectionnées, moins de terrains sont en jachère, les fourrages artificiels tels que luzerne, trèfle, choux verts, betteraves et carottes se développent, la viticulture prend de l’extension.

Mais dit Monsieur MICHELOT à côté de ces progrès on remarque encore partout dans cet arrondissement un grand nombre de pratiques vicieuses dont voici les principale : les labours se font trop souvent avec l’araire en bois, qui pénètre peu profondément dans la terre, les défrichements, les sarclages et buttages s’opèrent presque tous avec la pioche, la bêche ou le bident (fourche à deux dents), le battage des grains se fait aussi à l’aide des bras ou des fléaux (on ne trouve des batteuses à manèges que dans 3 ou 4 propriétés).

Les paysans n’observent aucune rotation dans les assolements. Ils déposent généralement leur fumiers près de la porte de leur grange en plein air et les laissent la se dessécher jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de les utiliser. Ils perdent ainsi tout le purin et la majeure partie des gaz fertilisants.

Ils ne brossent et n’étrillent jamais leurs bœufs ; ils leur enduisent même le ventre et les cuisses d’une couche épaisse de bouse. Ils laissent séjourner très longtemps la litière et le fumier sous leurs bestiaux, ils ne balaient jamais les granges, ils se gardent bien surtout d’enlever les toiles d’araignées qui pendent au plafond, parce que disent-ils, cela porte malheur, et parce qu’ils sont imbus de ce préjugé que les bœufs, bien crépis avec leur fumier, ont une meilleures apparence et prospèrent mieux que s’ils étaient tenus bien propres.

Il résulte de cet exposé que l’arrondissement de Sarlat est encore loin, sous bien des rapports, de la vie du progrès, et que pour l’y amener, il est essentiel de combattre et de détruire les préjugés qui servent de lois aux agriculteurs et de leur substituer des méthodes rationnelles. Le travail de réformes ne peut être que l’œuvre du temps, des conseils, de l’exemple et de l’enseignement agricole dans les écoles primaires. Ce dernier, qui est évidemment le meilleur, est déjà en vigueur dans toutes les écoles communales de l’arrondissement. Chaque élève à en mains et est obligé d’apprendre par cœur, un bon petit traité d’agriculture, écrit en termes clairs et précis, qui le mettent à la portée des enfants. Ces enfants deviendront à leur tour les instructeurs de leur famille, et cette instruction, ainsi répandue, dissipera bientôt les ténèbres de l’ignorance au milieu desquelles vivent les gens de nos campagnes.

 

MICHELOT, notaire à Sarlat

Annales littéraires et agricoles, 1862.